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Rosendaël : toute une histoire...

Des débuts bien difficiles...

Enchâssé entre Dunkerque et la perfide Albion  , Rosendaël subit au cours des siècles les foudres collatérales de plusieurs batailles. Jusqu'à la fin du XVIIème siècle, le destin du petit hameau est directement lié à celui de sa grande soeur dont la position stratégique attise toutes les convoitises européennes.

Le "Roosen-daël" sera ravagé plusieurs fois au cours des siècles. En 1646, à la fin de la guerre de trente ans, le Prince de Condé et plus de 5000 hommes font le siège de la ville, espagnole depuis 1559.

Ce sera la victoire...puis la trêve et le hameau se relèvera ...jusqu'en 1648 où cette fois c'est le vicomte de Turenne qui marche sur Dunkerque avec 15 000 hommes.

L'armée de Louis XIV sort victorieuse de La Bataille des Dunes et Rosendaël comme sa grande soeur réintègrent le Royaume de France ... jusqu'au soir car le Roi offre Dunkerque aux anglais...pour le leur racheter quatre ans plus tard!


En 1662, Vauban, ingénieur du Roi Soleil, intègre Dunkerque dans son projet de "Pré Carré". Il entend protéger Dunkerque d'une invasion terrestre ou maritime. Il conçoit alors de nouvelles fortifications, des risbans et de nombreuses possibilités d' inonder les terres afin de ralentir la progression de l'ennemi.

Certaines habitations rosendaliennes sont trop proches de l'esplanade de Nieuport... Qu'à cela ne tienne ...Vauban crée le quartier de la Basse Ville et y déplace 54 familles.

Même si le Traité d'Utrecht, signé en 1713, amène l'accalmie, le Val des Roses voit encore se succéder les camps retranchés...anglais en 1712...puis français en 1742. Rien ne doit gêner la défense ou l'offensive du bastion maritime.

En 1793, " Rosendaël " est de nouveau anéantit. Lors du siège de Dunkerque par le Duc d'York, le hameau est en effet occupé puis incendié (209 maisons brûlées). Le quartier martyr sera délivré par le général Hoche le 6 Septembre.


Au début, il y avait la mer...


Malgré cette histoire tourmentée et douloureuse, Rosendaël reste un endroit ou il fait bon vivre entre les dunes et les fleurs.

Les période de guerre et de paix se succèdent jusqu'à la Restauration et chacun travaille dur à reconstruire, sans relâche.

La vie s'organise entre les familles de pêcheurs habitant de petites maisons dans les dunes et les familles de jardiniers qui cultivent la terre le long du canal de Furnes.

Le hameau est aussi un lieu de distraction et de promenade pour les Dunquerkois. Ils viennent y respirer le bon air de la campagne. Les parcs y sont nombreux, ainsi que les guinguettes et autres tavernes telles le « Jardin Mabille », le « Jardin des Tuileries » "le Coq Blanc" ou le « Grand Salon ». On y mange, on y boit et on y danse. Un chemin est même ouvert, reliant le Coq Blanc à la plage.

En 1853, Rosendaël est "rattrapé" par le statut militaire de Dunkerque. En effet, un décret de "non aedificandi" institue trois zones de servitude militaire et interdit toute construction maçonnées à moins de 600 mètres des fortifications (cet arrêté restera en vigueur jusque dans les années 20).
Cette obligation modifie les pratiques architecturales. La construction de nombreuses maisons et villas de bois en témoigne. Aujourd'hui, quelques magnifiques spécimens subsistent, comme la villa Myosotis et la villa Moscovite.

Rosendaël, la naissance de la commune...


A cette époque, Rosendaël dépend de Coudekerque-Branche et de Téteghem. Elle n'obtiendra le statut de commune autonome qu'en 1860, au grand dam de Coudekerque et de Téteghem qui voient là la perte de 50% de la population.

Une nouvelle vie administrative s'organise, on crée une école, une mairie, une église... et un casino-hôtel sur la "Section des Bains de Mers", à Rosendaël-les-Bains.
La toute nouvelle commune s'attache aussi à la mise en état et l’empierrement des chemins. Ses travaux s’étaleront sur près de 40 ans.

Dès 1880 une nouvelle activité prospère sur la commune. De nombreuses brasseries voient le jour. Leur production s’écoule sans peine dans les cafés et estaminets.

Nouveau "coup dur" en 1891. Après des années de conflits, le secteur des Bains s'émancipe à son tour pour donner naissance à la commune de Malo-les-Bains. Rosendaël est alors amputé de son accès à la Mer du Nord.

La place manque à Dunkerque. 1891 sera également l'année d'inauguration à Rosendaël de l'Hospice Civil de Dunkerque (on y construit également un hôpital en 1910).


En quarante ans, Rosendaël multiplie sa population par cinq et ce malgré la partition d'avec le Secteur des Bains. En 1901, la commune compte plus de 10000 habitants.

L'activité maraichère se développe, on cultive pomme de terre, choux fleurs et chicorée et plus tard des fleurs qu'on exporte vers la Belgique grâce à la gare construite en 1891.

Les nombreux ouvriers qui ne trouvent pas de logement à Dunkerque habitent maintenant Rosendaël... les commerces fleurissent et les rues débordent d’activités.
Tous les matins, une armée de vélos se rend aux Chantiers de France ou à l'Usine des Dunes de Leffrinckoucke pour ne rentrer que le soir à la maison. Néanmoins, l'essor économique de Dunkerque profite peu à la population de Rosendaël qui vit souvent à la limite de la pauvreté.

Ainsi, alors qu'il recevait un prix de 10 000 francs prix pour avoir eu treize enfants, Monsieur Messian déclare "son plaisir d’avoir touché son prix, ce qui lui donnera la possibilité d’acheter des vêtements aux petits et aussi des lits car jusqu’ici les enfants ont toujours couchés pèle-mêle dans de la paille."
Le contexte social est très rude. Gustave Féron, vice-président de la commission administrative de l'hospice, construit alors, sur ses deniers personnels, huit maisons sur un des terrains de l'Hospice : La Cité Gabrielle était née. Le loyer est de 4 francs par semaine. Les terres de l'Hospice accueillent aussi des jardins ouvriers pour les plus démunis.

En 1910, Rosendaël fête ses 50 ans. Pour commémorer l'évènement Maurice Ringot réalise une superbe sculpture (dite sculpture du cinquantenaire)qui affirme la double identité de la commune. On y retrouve en bonne place un pêcheur et un jardinier. Elle a depuis été déplacée Place Voltaire.

Rosendaël en guerre...


Durant la première guerre mondiale, Rosendaël subit de lourds dégâts mais la commune se relève et se dote même d’un nouvel hôtel de ville en 1935 pour la "modique" somme de 2 164 179 francs.

L'entre deux guerre voit la naissance du "Quartier Excentric". "L’Escargot", La première réalisation de son concepteur, sera suivi de plus de trente autres chef-d'oeuvre dont " l' Excentric Moulin ", un dancing aux allures des guinguettes d’antan. Malheureusement, le début de la seconde guerre mondiale fera avorter ce projet.

En mai 1940, un déluge de plombs s'abat sur la commune. Durant 18 jours, les bombardements font 820 victimes (dont 520 civils), détruisent 800 maisons et en endommagent 1400 autres.

Durant l'occupation, Rosendaël accueille de nombreux réfugiés venant des communes du Dunkerquois trop proches du Mur de l'Atlantique.  Sa population atteint les 20 000 habitants. La commune fait l'objet d'une étroite surveillance de la part des allemands conscients de l'intense activité des réseaux résistants.


Rosendaël et le grand Dunkerque...

La fin de la guerre amène la sérénité...et les grands travaux. De nombreux Dunkerquois habitent à Rosendaël dans des cités provisoires. Il faut réhabiliter et reconstruire. La notion de Grand Dunkerque refait surface et c'est en 1972 que la municipalité rejoindra la Cité de Jean Bart en même temps que Petite-Synthe. Redevenu quartier, Rosendaël n'a pourtant pas perdu son identité.

Le saviez-vous ?


Jusqu'en 1870, au Pont de Rosendael, un "portier consigne" fermait les portes de la ville tous les soirs à 22h... interdisant de fait l'accès aux lieux de cultes. A la création de la paroisse en 1842, une des priorités sera de construire une église hors des murs afin de contourner cette "intediction". Ce sera chose faite en 1846. 

C'est également aux portes de la ville qu'est collecté l'octroi, à partir de 1861.




> L'histoire de Rosendaël depuis le 16ème siècle
> Habiter Rosendaël en 2011
> Infos pratiques sur Rosendaël

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